un trés beau texte sur la musique que j'ai lu ces jours ci sur la perception differente suivant les personnes de telle ou telle autre musique et en présente une trés fine analyse que je partage totalement
Tout y est dit:
... Il est passionnant de s'arreter sur ces moments de notre vie psychique : attention, charme, concentration, d' évoquer l'oubli total de soi, la fusion de notre propre personnalité avec des ambiances extérieures ou l'abstraction hors de notre milieu, une véritable évasion qui sous l'empire d'une idée ou d'une perception dominatrice fait de nous un être isolé du monde, nous empêche de voir et d'entendre, nos facultés habituelles tombant en sommeil, exactement comme dans l'hypnose.
La musique nous offrira un exemple qui peut devenir largement compréhensible à tout un chacun
Combien ne disent ils pas souvent avec regret, "je ne comprends pas la musique"; Ils écoutent mais demeurent "étranger".
Les autres, au contraire reconnaissent qu'ils sont pris tout entiers. L'expression musicale a toujours paru, et avec raison, un langage plus profond, plus large que le propre langage des hommes.
La musique remarquons le, nous offre une perception strictement disciplinée. Ses lois, le rythme, la tonalité des instruments, l'harmonie
rigoureuse dans ces complexes de vibrations nous imposent une perception autrement intense et ordonnée que le coloris d'un paysage,
que le charme d'un tableau. Et comme c'est précisément l'essentiel de la musique, l'ordre qui y règne en maître (les musiques d'apparence les
plus fantaisistes n'y échappent pas ) favorise l'effort de notre mémoire.
L'auditeur dans sa stalle, au concert, se donne tout entier, il s'absorbe et perd les autres perceptions, peu à peu il grave dans sa mémoire le mouvement de la mélodie, de l'orchestration. Il sait que la "phrase" va revenir, sous une présentation nouvelle, avec des transitions auxquelles
son oreille est entraînée, il attend avec émotion cette édition nouvelle, il en éprouve un désir intense, et, peu à peu, il recueille, avec une joie profonde exempte de tout vulgaire compromis, la pensée même du musicien.
Quand il entendra de nouveau la partition ou le morceau, à l'instant même ou l'orchestre attaquera la première mesure, sa mémoire fera apparaître la phrase qui déjà "chante" en lui.
Sans effort, sans retard, se produit la concentration qui est pour lui l'état privilégié.
Et si, suivant les réactions individuelles, certains morceaux agissent sur un auditeur et d'autres morceaux point, nous pouvons dire (avec Völgyesi)
que dans ces moments consacrés à la musique, l'homme sort de la vie banale exactement comme le sujet soumisà l'hypnotisme ou celui qui
s'endort normalement. Et c'est vrai pour tous les êtres vivants.
extrait de : l'hypnose et le mystere cérébral de F Völgyesi (adapt fr A Mesureur . 1944)
Tiens c'est vrai qu'il est trop fort, je vais l'imprimer et le garder sur moi
De l'égalité devant l'art :
je comprends mieux pourquoi la musique est si "primordiale" et si intense pour nombre d'entre nous
et plaind sincèrement ceux qui ne peuvent partager ces sensations intenses que nous partageons, individuellement, mais identique.
je veux juste ajouter à ce superbe texte, qu'il me semble pour ma part que certaines lectures apportent
la même "extraction" de la vie dite de tous les jours, ou banale ( comme ci dessus), ou la "vrai vie" maintenant et peut être à tort,
la vrai vie ne serait-elle pas au contraire, celle de ces moments de grande intériorisation ?